Salaire Minimun : Promesse oubliée ?

Deux ans après une promesse électorale, des travailleurs, syndicalistes et autres défendeurs de la cause ouvrière crient d’une seule voix que la promesse d’un salaire minimum national a été oubliée par le gouvernement Lepep. L’introduction d’un salaire minimum a été masquée par une loi adoptée au parlement en juin 2016, la National Wage Consultative Council Act (NWCC).Or durant la campagne électorale de 2014, l’alliance gouvernementale n’avait guère promis un comité tripartite ou technique pour décider du quantum du salaire minimum. Entre novembre 2014 et la mi-2015, les leaders de l'Alliance Lepep avaient promis, lors de plusieurs rassemblements politiques, qu’un salaire minimum serait introduit dans les douze premiers mois de leur mandat. Deux ans après : rien.  
Plus de 100 000 personnes touchent un salaire inférieur à 5,500 roupies par mois en 2017. L’inégalité entre la classe moyenne et ceux qui vivent au bas de l’échelle se creuse de jour en jour. Un fossé qui ne cesse de grandir, le porte-monnaie du “malere” payant le prix.
Revenons à la National Wage Consultative Council Act : il est prescrit dans cette loi que ce comité institué aura 12 mois, soit six mois après que le comité soit établi, pour soumettre ses propositions au ministre du Travail. Ce dernier peut aussi rejeter les recommandations faites par le directeur du NWCC. Ce qui nous amènera vers fin 2018.
Une longue attente se profile à l’horizon ou il s’agit peut-être d’une tactique bien installée par nos élus au pouvoir. Car ce n’est un secret pour personne que des patrons du secteur privé voient rouge quant à l'introduction du salaire minimum. Depuis deux ans déjà on peut y voir un lobby au regard du paiement de la compensation salariale chaque année. Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a fait l’éloge d’un partenariat État-secteur privé récemment, mais la cause des travailleurs n’est pas abordée.
Nous sommes en 2017. Un jardinier, un “cleaner”, un éboueur ou encore un employé de la Zone franche textile et du Seafood touchent moins de 6 000 roupies par mois et leurs conditions de service ne sont pas au diapason de celles des autres secteurs de service. Ces derniers mois, ceux qui nous gouvernent parlent de l'île Maurice en tant que chantier et de plein-emploi pour 2017.
Alors, le salaire minimum, c’est pour quand ? Une réponse qu’on n’aura pas de sitôt car à Maurice les travailleurs demeurent délaissés pour les beaux yeux du patronat…

Credit / Article : Emmanuel Edoo, Conseiller Technique CTSP