REVERS DE LA MÉDAILLE : La CTSP réclame du GM un BAI Victims Desk

En dépit de la décision du gouvernement, vendredi dernier, au sujet des salaires de l’ensemble du personnel de l’empire BAI et des emplois, des appréhensions subsistent encore parmi les concernés. Dans la conjoncture, le mot d’ordre demeure la mobilisation car les répercussions de tout relâchement pourraient être « far-reaching » pour les employés. Ainsi, après la marche des employés d’Iframac à Quatre-Bornes samedi à l’initiative de la Federation of Progressive Unions, la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP) maintient la pression en réclamant aujourd’hui une séance de travail avec les ministres des Services financiers et du Travail, respectivement Roshi Bhadain et Soodesh Callichurn, en vue de préparer l’après-fin juin avec l’entrée en scène des acquéreurs des principales compagnies du groupe Dawood Rawat.

Interrogé ce matin, le syndicaliste Reeaz Chuttoo de la CTSP a réitéré le souhait que cette rencontre avec les deux ministres susmentionnés se déroule comme prévu aujourd’hui. « J’ai fait comprendre au ministre du Travail que nous devrions nous rencontrer aujourd’hui, même si du côté du ministère, l’on avance qu’après la décision du conseil des ministres de vendredi dernier, tout est rentré dans l’ordre. Nous ne partageons nullement cet avis », s’est-il appesanti.
« Nous soutenons que cette décision de geler les licenciements et de garantir les salaires jusqu’à la fin de juin, comme il a été annoncé par le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, n’est qu’une accalmie d’autant plus que les élections municipales sont derrière la porte. Il ne faut pas donner l’impression que le problème de la BAI se résume à trois compagnies, Apollo-Bramwell, Iframac et Courts », poursuit Reeaz Chuttoo, qui dit attendre la confirmation du rendez-vous du jour à la Victoria House.
« Pas moins d’une vingtaine d’autres compagnies du groupe BAI sont en difficultés avec des employés affectés et susceptibles d’être jetés sur le pavé d’un moment à l’autre. J’ai devant moi le cas de Publico, agence de publicité du groupe BAI, parmi ces sociétés qui sont dans le rouge avec de gros risques pour leurs employés et si ce n’est pas le cas déjà », fait ressortir le représentant de la CTSP.
« Nous avons des propositions à soumettre aux autorités en prévision de l’annonce des acquéreurs par des Special Administrators. Il va de soi que des licenciements interviendront après la fin de juin prochain. Mais, dès maintenant, nous allons devoir abattre un travail préparatoire pour le redéploiement de ce personnel surnuméraire. Il fait mettre sur pied un BAI Victims’ Desk au ministère de l’Emploi pour le monitoring ; il y a des craintes que l’embauche de ce personnel qualifié se fasse à des conditions défavorables », souligne Reeaz Chuttoo, conscient de l’importance de la mobilisation tout en gardant en option, la manifestation des victimes de l’arnaque BAI annoncée pour le samedi 6 juin à Rose-Hill.
Entre-temps, samedi, une centaine d’employés d’Iframac ont participé à une marche pacifique dans la principale artère de Quatre-Bornes de St-Jean au siège de la municipalité. Le ministre Bhadain, qui était rentré de mission la veille d’Afrique du Sud, a cru nécessaire de se joindre à ce mouvement. Intervenant, il a soutenu que le mandat des Special Administrators nommés par la Financial Services Commission n’est pas de procéder à des licenciements. « Monn fer li byin konpran ki mo na pa le ki met dimounn deor », a-t-il dit en faisant état d’une rencontre avec Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet dans la nuit de vendredi à samedi.
« Mo pou ress a kote zot, ek mo pou mars ek zot pou ki zot lanplwa garanti », a déclaré Roshi Bhadain en s’adressant aux employés d’Iframac, rassemblés dans la cour de la municipalité samedi après-avant d’ajouter « bizin less bann special administrators fer zot travay ».
Une minute de silence a été observée pour une dénommée Nicole, une ancienne employée d’Arcassa, à Phœnix Les Halles, décédée il y a deux semaines d’une crise cardiaque. Elle laisse derrière elle plusieurs enfants dont une fille de 14 ans. La majorité des employés de cette compagnie représentant les plus importantes marques de voitures ne s’attendaient nullement à faire face à de telles difficultés car « l’entreprise ne vendait pas des polices d’assurances ni le Super Back CashGOLD ».
Pourtant avec l’écroulement de l’empire BAI, les perspectives sont très sombres…