POUR NON-RESPECT DE LA CONVENTION 94 DE L'OIT : La CTSP dénonce le gouvernement

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Dans son effort d'intensifier sa campagne en faveur des quelque 1 000 employés des écoles gouvernementales qui touchent entre Rs 1 500 et Rs 2 000 par mois, la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) dénonce le gouvernement pour non-respect de la Convention n° 94 de l'Organisation internationale du Travail sur les Clauses du travail dans les contrats passés par une autorité publique. À cet effet, la centrale syndicale a tenu une manifestation pacifique ce midi devant l'Hôtel du Gouvernement.

« Li inakseptab ki gouvernman li mem fer diskriminasion dan so bann lekol kot enn parti travayer gagn lapey PRB ek enn lot parti gagn enn saler de mizer an Rs 1 500 et Rs 2 000 par moi. Li grav parski gouvernman li-mem pe viol lespri Convention n°94 de l'Organisation internationale du Travail (OIT) sur les Clauses du travail dans les contrats passés par une autorité publique ki Moris finn ratifie le 2 desam 1969 », s'indigne Jane Ragoo,  présidente de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP).

Des représentants de la centrale syndicale ont manifesté ce midi devant l'Hôtel du Gouvernement à Port-Louis. « Nou oule ki Premie minis, Misie Pravind Jugnauth, pran konsians de sa grav diskriminasion inakseptab-la », a-t-elle expliqué au Mauricien.
En effet, selon la syndicaliste quelque 600 School Attendants (principalement des femmes), une centaine de Carers (toujours des femmes) s'occupant de l'intégration des enfants handicapés dans les écoles publiques et autant de gardiens qu'il y a d'écoles dans le pays touchent entre Rs 1 500 et Rs 2 000 par mois. « Ils sont payés non pas par les autorités gouvernementales mais par des sous-contracteurs comme des PTA etc... ! », ajoute-t-elle.
Or, poursuit Jane Ragoo, la Convention n°94 de l'OIT sur les Clauses du travail dans les contrats passés par une autorité publique vise à empêcher les autorités publiques à conclure des contrats impliquant l'emploi des travailleurs dans des conditions inférieures à un niveau de protection sociale acceptable et d’autre part à encourager ces mêmes autorités à relever la barre en se comportant en employeurs modèles. « En ratifiant cette convention, le gouvernement mauricien a la responsabilité et le devoir d'encourager la bonne gouvernance et de s'assurer que les salaires et les conditions de travail de ceux qui travaillent directement ou indirectement pour lui soient alignés sur ceux en vigueur au niveau local, comme fixés par les accords collectifs et les lois du pays », a-t-elle élaboré.
Et la syndicaliste d'ajouter : « Cette situation est d'autant plus révoltante que nous avons vu récemment comment les salaires des nominés politiques se comptent en centaines de milliers de roupies par mois sans compter d'autres privilèges dont ils jouissent. Pravind Jugnauth a plusieurs fois exprimé son souhait de faire reculer la pauvreté, mais dans la réalité c'est le contraire que nous voyons. Zero aksion. Là, le PM a une occasion de faire concrètement reculer la misère de ce millier de familles concernées en mettant fin à cette discrimination salariale et en trouvant une solution acceptable pour tous. »