EMPLOI—AMENDEMENTS AUX LOIS DU TRAVAIL: La CTSP et les travailleurs dans la rue le 4 février

Les syndicalistes de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) exhortent les quelque 500 000 travailleurs du secteur privé à descendre dans la rue le 4 février pour protester contre le gouvernement de l'Alliance Lepep, « qui tarde à réaliser sa promesse » d'amender l'Employment Rights Act et l'Employment Relations Act. Le 2 février marquera le 8e anniversaire de la promulgation de ces deux lois, qu'ils estiment aller à l'encontre de l'intérêt des travailleurs.
« Tou lezan, o mwa fevrie, CTSP comemor proklamasyon de l'Employment Rights Act (ERiA) et l'Employments Relations Act (EReA). Se enn tris evennema. Parski sa de lalwa-la finn rass tou drwa bann travayer », explique d'emblée le secrétaire de la confédération syndicale, Reeaz Chuttooo. « En outre, sa fer dezan ki travayer pe atann gouvernma l'Alians Lepep respekte so promess elektoral pou amand en profonder sa de lalwa-la ek fer zot vinn en faveur travayer. Enough is enough : travayer bizin aret gard foss lespwar ek fer organiz zot pou fer pression pou ki gouvernma l'Alians Lepep gard so promess », ajoute-t-il.
Reeaz Chuttoo rappelle que le ministre du Travail, des Relations industrielles, de l’Emploi et de la Formation, Soodesh Callichurn, avait, début 2016, annoncé publiquement qu'il déposerait à l'Assemblée nationale les amendements à l'ERiA et à l'EReA. Il rappelle également qu'à cet effet, la CTSP, tout comme les autres fédérations et confédérations syndicales, avait soumis au ministère leurs propositions d'amendements. « Nou ankor pe atann mem », déplore-t-il.
« Récemment, le ministre Callichurn est venu dire que 2017 sera “l'année des travailleurs”, que ces amendements aux lois du travail seront présentées à la rentrée parlementaire en mars prochain », poursuit le syndicaliste. « Avec les débats passionnés et la bagarre qu'on prévoit sur le Prosecution Commission Bill, les amendements aux lois du travail, qui pourtant bénéficieront à plus de 500 000 employés du secteur privés, seront relégués aux oubliettes », craint-il. « C'est pourquoi j'exhorte les travailleurs à ne pas rester les bras croisés, à se mobiliser et à faire pression sur leurs députés, l'opposition parlementaire et extraparlementaire, et sur le gouvernement de l'Alliance Lepep surtout, pour que des amendements soient apportés au plus vite à l'ERiA et l'EReA », lance-t-il.
Reeaz Chuttoo dit toutefois douter du « sérieux » du ministre. « Nous attendons toujours non seulement ces amendements aux lois du travail, mais également l'introduction d'un salaire minimum, la proclamation des 14 Remuneration Regulations qui proposeraient une augmentation de salaires, ainsi que de meilleures conditions de travail à quelque 450 000 travailleurs et l'institution d'un “Portable Severance Allowance Fund” », se désole-t-il (voir encadré). Dans ce contexte, le syndicaliste a exprimé sa volonté de rallier à sa cause les autres syndicats, fédérations et confédérations syndicales. « Quand un travailleur souffre, tous les autres travailleurs ressentent la même souffrance. Trop de travailleurs ont soit perdu leur place, soit sont honteusement surexploités à cause des dispositions de ces deux lois iniques », s'indigne-t-il.
Pour illustrer ses propos, il affirme, entre autres, que Maurice est « le seul pays au monde où l'on peut licencier un travailleur sans lui donner un sou de compensation » et « où des comités disciplinaires bidons sont institués pour congédier sommairement les employés, et cela grâce à ces deux lois ».


EN BREF: Demann bann travayer
1) Introdiksyon enn Portable Severance Allowance Fund. Employeur bizin kontribye enn zurne saler global en travayer tou le mwa dan enn fond pou pay travayer so retret. Kan travayer sanz travay pou nimport ki rezon, so larzan retret swuiz li;
2) Amand lalwa travay (Employment Rights Act et Employent Relations Act) pour protez travayer;
3) Introdwuir enn Regulation for Employment of Foreign Workers pou protez travayer etranze ek empes zot explwatasyon;
4) Introdiksyon enn salaire minimun de Rs 8 500;
5) Introdwuir Remuneration Regulations pou sekter ICT, sekter administratif et SEN Schools (ki okip zanfan andikape).